01 septembre 2025 – LE PLAN DE REFORMES DU GOUVERNEMENT SUR LE DOS DES CLASSES MOYENNES ET DES PLUS DEFAVORISES : NON MERCI

Ce plan de réforme du Gouvernement constitue une attaque en règle contre les classes moyennes du pays et les calédoniens les plus défavorisés au moment où 25% des emplois du secteur privé ont été détruits.
⚠️ Au moment où les régimes d’assurance-chômage total et partiel s’éteignent progressivement, des milliers de calédoniens se retrouvant désormais sans aucune allocation de subsistance, comme en témoigne l’affluence considérable enregistrée par les associations caritatives et le nombre de SDF qui arpentent désormais l’asphalte de nos villes.
⚠️ Au moment où une incertitude de plus en plus lourde pèse sur le secteur du nickel et ses 12.000 emplois, une usine étant arrêtée, et les 2 autres sous perfusion de l’Etat.
⚠️ C’est dans ce contexte, où la pauvreté et la précarité gagnent partout du terrain, dans nos quartiers, dans nos villages, dans nos vallées et dans nos tribus que le Gouvernement propose un plan de réformes visant à faire des économies sur le dos des classes moyennes du Pays et des familles les plus défavorisées.
➡️ Ce plan, c’est la suppression de la réduction redistributive de l’impôt sur le revenu (RIR), qui permettait de réduire le montant à verser jusqu’à 20.000 F.CFP pour les célibataires, et, jusqu’à 40.000 pour les couples, le cas échéant, majorés en fonction du nombre d’enfants à charge. Une réduction redistributive de l’impôt dont bénéficiaient 86% des ménages imposables dont les ¾ sont issus des classes moyennes. Les calédoniens paieront 1,6 milliards d’impôts supplémentaires.
Donc pour nous la suppression de la RIR, c’est NON MERCI.
➡️ Ce plan, c’est la réduction d’1/3 du montant des allocations familiales (de 15 à 10.000 F.CFP/mois/enfant) pour les calédoniens disposant de revenus moyens soit au total 4.600 foyers et 9.500 enfants. Les calédoniens concernés percevront 500 millions de F.CFP de prestations familiales en moins.
Pour nous la réduction des allocations familiales, c’est NON MERCI.
➡️ Ce plan, c’est la réduction de 15% de l’aide au logement qui permet à 8.000 familles calédoniennes de payer le loyer d’un logement décent, aussi bien dans le parc public que privé, au moment où les impayés des bailleurs sociaux explosent. Les calédoniens concernés percevront 500 millions de F.CFP d’allocation logement en moins.
Pour nous, la réduction de l’aide au logement, c’est NON MERCI.
➡️ Ce plan, c’est la réduction des aides aux handicapés, à hauteur de 3 milliards de F.CFP/an sur un budget de 11 milliards, dont bénéficient 7.000 calédoniens.
Pour nous, la réduction de l’aide aux handicapés, c’est NON MERCI.
➡️ Ce plan, c’est la réduction supplémentaire de 10% de la prise en charge du petit risque du RUAMM qui désormais donc ne serait remboursé qu’à 80%, sans qu’aucune garantie ne soit apportée, par le Gouvernement, quant à la compensation par les Mutuelles. Au moment où nous traversons une crise sanitaire sans précédent et, où 15.000 calédoniens ont perdu leur emploi et leur revenu. Les calédoniens dépenseront 500 millions de F.CFP en plus pour se soigner.
Pour nous, la réduction de la prise en charge du petit risque RUAMM, c’est NON MERCI.
➡️ Ce plan, c’est la confirmation du déplacement d’Aircal à Tontouta dans un contexte d’économies d’échelles totalement obscur et de renchérissement significatif du prix des billets. Ce déplacement génèrera l’augmentation des coûts de transport pour 250.000 Loyaltiens et Kunié qui utilisent les services de la compagnie aérienne domestique, au moment où de nombreuses familles sont dans le dénuement le plus complet faute d’emplois et de revenus.
Pour nous, le déplacement d’Aircal à Tontouta, c’est NON MERCI.
➡️ Ce plan c’est la révision annoncée des conditions d’admission au bénéfice du minimum vieillesse et du minimum retraite dans une perspective qui ne visent sûrement pas à en élargir le nombre de bénéficiaires.
⚠️ Et que l’on ne vienne pas nous dire que les aides qui bénéficient aux classes moyennes et aux plus démunis seraient dues à un système trop généreux au plan social, ce qui justifierait leur diminution.
⚠️ Rappelons que dans notre pays, quand on n’a plus d’emplois, plus de revenu ou plus d’allocations de chômage, les calédoniens ne bénéficient pas, contrairement à la Métropole et aux autres collectivités ultramarines, du RSA qui s’élève entre 80 et 160.000 F.CFP/mois en fonction de la composition du foyer.
⚠️ Rappelons que dans notre pays, lorsque l’on est au chômage total, on bénéficie d’une allocation de 75% du SMG sur une durée de 09 mois pour solde de tout compte, alors que dans le reste de la République, les chômeurs perçoivent 60% de leur dernier salaire pendant une durée qui peut aller jusqu’à 27 mois.
⚠️ Rappelons, enfin, que le SMG s’élève à 145.000 F.CFP/mois net dans notre pays contre 171.000 F.CFP/mois net en Métropole, alors que le coût de la vie est en moyenne 30% plus élevé chez nous, dont 89% pour les produits alimentaires.
➡️ Nous sommes d’autant plus opposés à ce plan, que ces sacrifices demandés aux calédoniens ne permettent en aucune manière de rétablir l’équilibre des finances publiques et des comptes sociaux du pays puisqu’il prévoit un déficit de 9 milliards en 2026, 26 milliards en 2027 et 11 milliards en 2028, soit un total de 46 milliards sur les 3 prochaines années.
➡️ Nous sommes d’autant plus opposés à ce plan qu’aucune garantie n’a été apportée par l’Etat sur la transformation, en subventions, des prêts COVID et « émeutes » qui ont endetté la Nouvelle-Calédonie à hauteur de 172 milliards de F.CFP et qui représentent, pour leur remboursement, une charge annuelle de 08 milliards en 2026, 10 milliards en 2027 et 12 milliards en 2028, c’est-à-dire que le remboursement de ces prêts représente à lui seul les 2/3 du déficit des finances publiques et des comptes sociaux de ces 3 prochaines années.
➡️ Que la Nouvelle- Calédonie s’attelle à un plan de réformes après six années d’immobilisme malgré trois gouvernements successifs, il était plus que temps. Mais qu’elle dépouille les classes moyennes et les plus défavorisés pour parvenir à ses fins dans un pays qui vit un véritable cataclysme économique et social pour nous c’est NON MERCI.
➡️ Que l’Etat exige ce plan de réformes c’est légitime. Mais qu’il commence d’abord à balayer devant sa porte en transformant en subvention les prêts accordés à la suite d’un désastre dans lequel sa responsabilité est écrasante.
Pour toutes ces raisons, pour nous, ce plan de réformes, c’est NON MERCI.

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