Un programme provincial doté de 500 millions CFP de crédits visant à sécuriser plus de 2.000 logements (alarmes, caméras, etc…) au travers de subventions d’un montant de 240.000 F.CFP/habitation, a été adopté ce matin par l’assemblée de la province Sud.
Si nous sommes favorables, en ces temps d’insécurité, à ce que la collectivité soutienne les particuliers afin qu’ils sécurisent leur résidence principale, nous sommes opposés aux modalités de financement prévues qui conduiront immanquablement à une gabegie financière réduisant le nombre de logements susceptibles de bénéficier du dispositif.
D’abord, une collectivité doit aider ceux qui n’ont pas les moyens, à eux seuls, de sécuriser leur logement. C’est pourquoi, nous avons proposé que les 10% de foyers fiscaux les plus riches (mesuré au travers de leur imposition à l’impôt sur le revenu) ne soit pas admis au bénéfice de ce dispositif. Quand vous gagnez plus d’un million par mois, vous n’avez pas besoin de subventions publiques pour sécuriser votre logement. Autant réserver cet argent public à ceux qui en ont besoin, les foyers fiscaux non imposables ainsi que les classes moyennes calédoniennes.Notre amendement, sur le sujet, a été rejeté. C’est un vrai scandale au moment même où on réduit les remboursements au titre de l’AMG, où le nombre de bénéficiaires de bourses scolaires au motif de difficultés financières provinciales.
Ensuite, de manière générale, pour les montants peu élevés, la commande publique obéit à un principe simple : pour toute dépense, il convient de solliciter trois devis de trois entreprises différentes. C’est la garantie d’obtenir le meilleur prix.C’est pourquoi nous avons proposé que le particulier, bénéficiaire de la subvention, soit aussi obligé de demander 3 devis afin d’obtenir le meilleur prix, d’autant plus qu’un tiers de la facture sera financé par de l’argent public.
Notre amendement sur le sujet a également été rejeté.
En conséquence, c’est à une véritable gabegie financière à laquelle nous allons assister, les entreprises n’étant pas mises en concurrence entre elles.
Si nos amendements, de bon sens, avaient été retenus, ce n’est pas 2.000 logements qui auraient pu être sécurisés, mais 3 à 4.000 probablement.





