21 juillet 2021 – Philippe Dunoyer – « Accéder à la tête du Congrès, c’est une chance de plus pour la victoire du Non » 

Le renouvellement de la présidence du Congrès interviendra mercredi. Pour Calédonie ensemble, la candidature non-indépendantiste d’Annie Qaeze intègre un message symbolique fort dans la perspective de la dernière consultation d’autodétermination.
Comment Calédonie ensemble compte-t-il se positionner au sein du 17e gouvernement ? Et quelle peut être la perspective de cet exécutif ?
Tout d’abord, des défis très lourds s’imposent au gouvernement : le social avec le Ruamm, le sanitaire avec la stratégie anti-Covid et l’ouverture des frontières, le budgétaire avec les comptes publics à rétablir, et l’économique avec une visibilité à redonner aux entreprises. Enfin, Calédonie ensemble à travers Joseph Manauté, veut contribuer de manière constructive à l’action du gouvernement. Nous avons demandé le portefeuille du développement durable, en lien direct avec l’expertise de Joseph, ancien directeur du Parc de la Rivière Bleue, ingénieur forestier, diplômé de l’Institut européen pour le conseil en environnement.
Pourquoi proposer un candidat à la présidence du Congrès, et pourquoi Annie Qaeze ?
Ce n’est pas, tout d’abord, la première fois que Calédonie ensemble propose une candidature à la présidence du Congrès. L’Avenir en confiance avait indiqué, dès 2019, qu’il considérait que sa victoire électorale devait le conduire à diriger la province Sud et le gouvernement, mais, qu’en vertu de la « légitimité » de Calédonie Ensemble, ils nous proposaient de présider le Congrès. C’est dans ce cadre que l’AEC avait d’ailleurs voté pour Magali Manuohalalo, notre candidate à la présidence, en 2019. Mais, cette année-là, comme en 2020, l’Eveil Océanien avait porté ses suffrages sur Roch Wamytan. Ensuite, notre candidature revêt une plus grande importance en 2021. Les résultats des consultations de 2018 et 2020 nous ont appris l’humilité. Nous devons aller rechercher toutes les sensibilités du Non. Or, si celle de l’AEC est largement représentée dans l’exécutif de la province Sud, ou demain à la vice-présidence du gouvernement, celle de Calédonie ensemble n’est incarnée à la tête d’aucune institution. L’élection de notre candidate à la présidence du Congrès constituera le point de départ symbolique de la campagne du Non. Une campagne différente de celle de 2020. Une campagne plus coordonnée entre les différentes sensibilités afin que les « Non » ne s’opposent plus, mais se complètent.
Quant au profil d’Annie Qaeze ?
Permettre à Calédonie ensemble d’être représenté à la tête du Congrès, c’est un atout supplémentaire dans le cadre de la campagne et une chance supplémentaire pour la victoire du Non le 12 décembre. Cette volonté doit être incarnée par une personne qui représente l’autre sensibilité du Non. Annie Qaeze, c’est la génération des Accords. Née en 1988, cette jeune ingénieure de 32 ans a bénéficié du juvénat d’Elie Poigoune et des dispositifs de bourses instaurées par les institutions. Elle est entrée en politique il y a sept ans maintenant, en devenant élue municipale en 2014, députée suppléante dès 2017, mais aussi vice-présidente du Congrès depuis 2019… Elle connaît l’institution, et a participé aux Comités des signataires. En outre, Annie est une vraie force de caractère. Issue d’un milieu indépendantiste, elle a su se forger ses propres convictions et revendiquer un chemin politique différent.
Qu’en est-il des discussions sur un possible soutien de l’Avenir en confiance et de l’Éveil océanien à la candidature d’Annie Qaeze ?
L’Avenir en confiance a clairement indiqué dans votre quotidien que « Virginie Ruffenach ne sera la candidate du mouvement qu’à une condition : que CE accepte que l’AEC prenne la présidence ». Quant à l’Éveil océanien, il a confirmé mardi encore lors d’une réunion qui nous a rassemblé avec l’AEC qu’il soutiendrait une candidature unique de la sensibilité non-indépendantiste.
Une candidature de l’Avenir en confiance ou de Calédonie ensemble ?
Nous considérons que la candidature unique doit être celle de Calédonie ensemble, pour toutes les raisons que je viens d’exposer. Si nous retrouvons au sein des institutions une place conforme à notre légitimité, cela pourrait être le point de départ d’un nouveau chapitre de ce mandat ouvert en 2019 : un nouveau chapitre pour la campagne du Non, pour la gestion institutionnelle, mais aussi pour la préparation d’un projet commun post référendaire.

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