La commission permanente examinera dans sa séance de jeudi une proposition de délibération, soutenue par Le Rassemblement de Virginie Ruffenach et de Thierry Santa, les indépendantistes et l’Éveil Océanien, qui supprime l’obligation vaccinale dont Calédonie Ensemble était à l’origine.
C’est une faute très grave qui est commise à l’égard du peuple calédonien.
- Une suppression de l’obligation vaccinale dans le dos de la population du pays
C’est une faute lourde car cette suppression est faite dans le dos de la population, dans une commission permanente de 11 membres alors que le 21 décembre 2021 en séance publique, dans le cadre d’un vote nominatif où chaque élu devait prendre ses responsabilités, le Congrès par 30 voix sur 54 avait décidé de maintenir l’obligation vaccinale. Une décision prise sans aucune consultation ni de la Commission Médicale d’Établissement du Médipôle, ni du Conseil scientifique local, ni de la Direction des affaires sanitaires et sociales, au moment-même où la Nouvelle-
Calédonie a été placée par l’Etat en état d’urgence sanitaire.
Ce qui a été confirmé par le Congrès au grand jour sur un sujet majeur va être supprimé en catimini. Au moment-même où le Conseil d’Etat conforte la régularité juridique de la délibération instaurant l’obligation vaccinale en rejetant le recours formé par les antivax, des apprentis sorciers locaux vont abroger ce texte.
- Une suppression décidée malgré les alertes du conseil scientifique national
C’est une faute lourde car le conseil scientifique national (CSN) dans son avis du 19 janvier alertait le gouvernement de la République sur « l’après Omicron » en ces termes : « L’ambiance générale parfaitement compréhensible est de penser qu’on sera en mars-avril 2022 « au début de la fin » en raison d’une immunité collective très élevée liée au nombre massif d’infections avec le variant Omicron qui est nettement moins sévère, et d’un très haut niveau vaccinal (…). L’expérience récente (variants Alpha, Delta et Omicron) nous a malheureusement montré que l’arrivée d’un nouveau variant était difficile, voire très difficile à anticiper (…).
Va-t-on vers : Un nouveau variant très transmissible mais encore moins sévère ? Un variant se rapprochant des variants antérieurs en termes de sévérité ? Un variant d’échappement au vaccin ? »
C’est clairement une alerte du conseil scientifique à l’égard des gouvernants : On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve donc restons mobilisés même si nous pouvons pour l’instant alléger les contraintes pesant sur la population (masques plus obligatoires dans les lieux clos sauf les transports, protocole sanitaire allégé dans les écoles, levée du pass vaccinal envisagée pour fin mars/début avril si la situation évolue positivement, etc…).
- Une suppression alors que la vaccination reste l’arme n°1 pour lutter contre le virus
La vaccination reste la réponse n°1 au virus.
Ainsi, depuis le 15 février, la 3ème dose est obligatoire dès le 4ème mois après la deuxième et non plus 7 mois après. Le CSN souligne encore l’importance de la vaccination dans son dernier rapport :
« Les vaccins de type ARN ont une grande efficacité pour la protection des formes sévères et graves (de l’ordre de 90%), en particulier après une 3eme dose/rappel, y compris vis-à-vis des variants Delta et Omicron. Contre le variant Omicron, la protection contre les formes graves est de 50% dès le premier mois après la première dose, 64% un mois après la deuxième dose, et 92% un mois après la dose de rappel. Elle se maintient à 83% à 3 mois de la dose de rappel ».
- Une suppression qui conduira les immunodéprimés à être les premières victimes en cas de nouveaux variants ou de nouveaux virus
Le CSN nous alerte sur la très grande fragilité d’une partie de la population – les immunodéprimés – face au virus :
« Environ 250 0000 personnes en France sont sévèrement immunodéprimées, qu’elles soient transplantées d’organes, dialysées, atteintes de certains cancers, de déficits immunitaires héréditaires, de maladies auto immunes et/ou sous traitement immunosuppresseur. En raison de leurs traitements ou de leur maladie sous-jacente, la vaccination, même complète avec une 3ème dose, est peu ou pas efficace chez ces patients. Les personnes immunodéprimées représentent actuellement 15% à 30% des malades hospitalisés pour COVID-19 en soins critiques en fonction des établissements, ce qui est une surreprésentation majeure, avec un pourcentage de décès qui demeure élevé compte tenu de leur âge ».
- La suppression de l’obligation vaccinale conduira à la suppression de la nécessité d’être vacciné pour entrer en Nouvelle-Calédonie…
Le maintien de l’obligation locale de vaccination conditionne le maintien de l’obligation de disposer d’un schéma vaccinal complet pour entrer en Nouvelle-Calédonie tel que prévu par le décret du Premier Ministre n°1201 du 17 septembre 2021. C’est pour cette raison notamment, qu’à l’origine, l’obligation vaccinale avait été instaurée en Nouvelle-Calédonie.
La Nouvelle-Calédonie sera ainsi le seul pays de la région où il sera possible de rentrer sans être vacciné contrairement à l’Australie, la Nouvelle-Zélande (et encore si on est ressortissant du pays) Fidji (plus un test PCR) le Vanuatu (plus une quarantaine obligatoire payante) etc… Ainsi ceux qui ne peuvent voyager nulle part – faute d’être vaccinés – pourront au moins venir en Nouvelle-Calédonie…
Nos propositions responsables visant à alléger les contraintes sans supprimer l’obligation ont été rejetées par Virginie Ruffenach et les indépendantistes
Nous avions proposé – en considération de la situation nouvelle issue du développement du variant Omicron – d’alléger les contraintes pesant sur les Calédoniens en suspendant sine die l’entrée en vigueur des articles prévoyant l’application d’une amende de 175 000 FCFP pour les personnels non vaccinés de toutes les entreprises concernées. Dans notre proposition, l’amende n’était maintenue que pour les personnels non vaccinés des établissements de soins qui sont soumis à une vaccination obligatoire sur tout le territoire de la République.
Nous proposions également d’aménager les délais afin de prendre en compte la situation nouvelle issue de la 3ème dose en permettant aux personnes restant concernées par l’amende (personnels des établissements de soins et personnes vulnérables) de pouvoir finaliser leur parcours vaccinal avant le 31 juillet 2022.
Nous proposions enfin de préciser qu’aucune sanction disciplinaire (suspension de contrat, licenciement, etc…) ne sera susceptible d’être appliquée aux salariés du secteur privé ou aux agents publics en cas de non-respect de l’obligation de vaccination prévue par la délibération.
En fonction de l’évolution de la situation épidémiologique due à de nouveaux variants ou de nouveaux virus ayant des conséquences graves, le Congrès aurait pu revenir sur ces dispositions.
Au lieu de soutenir cette position responsable, Virginie Ruffenach et les indépendantistes vont abroger l’obligation vaccinale.
- Le signal donné par cette suppression à la population du pays est catastrophique
Catastrophique à l’égard des 19% de la population vaccinable qui n’ont toujours pas engagé de parcours vaccinal.
Catastrophique à l’égard des personnes vulnérables et notamment des immunodéprimés qui paieront au prix fort cette décision.
Catastrophique à l’égard des 5% des personnels des établissements de soins qui n’ont pas encore engagé leur schéma vaccinal.
Catastrophique à l’égard des Calédoniens hésitants qui avaient engagé leur parcours vaccinal mais qui ne l’avaient pas achevé.
Cette décision soutenue par le gouvernement de Louis Mapou et Thierry Santa est un coup de poignard dans la lutte contre le virus d’aujourd’hui et ceux de demain.






