« Des référendums que l’on va remporter beaucoup plus largement »
En 2019, Calédonie Ensemble proposait, après la première consultation d’autodétermination de 2018, qu’indépendantistes et non-indépendantistes construisent ensemble un référendum « d’avenir partagé » rassemblant les calédoniens au lieu de les opposer.
Pendant ce temps-là, les Loyalistes, par la voix de Sonia Backes, proposaient « d’accélérer les 2 référendums (…) afin de les emporter beaucoup plus largement, (…) et de créer un choc de confiance ». Le résultat on le connait : 20.000 voix d’écart entre le OUI et le NON en 2018, écart réduit à 9.900 voix en 2020, séquence qui se termine par un boycott en 2021 avec un taux de participation misérable de 43,9%. Depuis lors, les élections législatives de 2024 sont venues enfoncer le clou avec 10.000 voix d’avance pour les indépendantistes au second tour (71% de participation), malgré 30.000 électeurs « gelés » qui pouvaient participer à ce scrutin…
« Si la loi sur le dégel ne passe pas, le bordel c’est nous qui le mettrons »
En janvier 2024, Calédonie Ensemble proposait le dégel du corps électoral dans le cadre de son document pour l’avenir du pays intitulé « Convergences entre calédoniens pour un Grand accord ». Nous insistions à l’époque sur la nécessité que ce dégel soit intégré dans un accord global, sinon nous irions « vers un retour des évènements, un retour de la guerre civile, un véritable chaos, politique, économique et social ».
Pendant ce temps, les Loyalistes, par la voix de Nicolas Metzdorf, affirmaient leurs certitudes : « Je veux dire ce soir aux calédoniens et au FLNKS en particulier (…) qu’on ira au bout du dégel, quels que soient les tensions (…) ça sert à rien d’envoyer les gens pour un combat perdu comme ça (..) Le dégel, il est obligatoire, il aura lieu » (NC1ère – 07 avril 2024). Quant à Sonia Backes, elle menaçait « les parlementaires qui tremblent [sur l’adoption de la loi sur le dégel] (…) le bordel, c’est nous qui le mettrons ».
Le résultat, on le connait, il s’appelle le 13 mai avec son cortège de morts, de blessés, de destructions et de désespoirs.
« La Nouvelle-Calédonie restera définitivement dans la France »
En juin 2025, Calédonie Ensemble soutient le projet de « souveraineté avec la France », de Manuel Valls, même si nous souhaitons qu’il soit amélioré, avec une période de stabilisation de 10 à 15 années pour nous reconstruire économiquement, socialement, mais aussi, en terme de vivre ensemble. Amélioré également en prévoyant de donner une ultime chance aux calédoniens de construire, au terme de cette période, un référendum d’avenir partagé. A défaut, la dernière année du dernier mandat du Congrès, une consultation sera organisée de droit pour ou contre un statut de « souveraineté avec la France » ou au sein de la République (Etat fédéré ou autres).
Les mêmes que ceux de 2019 ou de 2024 vous disent après trois référendums, la Nouvelle-Calédonie restera « définitivement dans la France » : Un statut de « souveraineté avec la France », jamais.
« Le pays a été planté en 2019 et en 2024. Le sera-t-il encore en 2025 ? »
De la même manière qu’ils ont planté le Pays et les calédoniens en 2019, sur les référendums qu’ils allaient gagner « beaucoup plus largement », de la même manière qu’ils ont planté le Pays et les calédoniens en 2024 en promettant de « foutre le bordel » si le dégel du corps électoral ne passait pas, de la même manière, ils planteront le Pays et les Calédoniens en 2025 en ne soutenant pas le projet de « souveraineté avec la France ».
Et comme nous vous l’avions dit en 2019, comme nous vous l’avions dit en 2024, nous vous le disons en 2025 : s’opposer aujourd’hui au statut de « souveraineté avec la France », c’est s’exposer, demain, à un statut de « souveraineté sans la France » ou un statut de « souveraineté » où la France ne sera plus le partenaire exclusif du Pays.








