Les transports en commun sont à l’arrêt depuis le début des violences en Nouvelle-Calédonie, soit le 13 mai. La priorité des priorités, c’est de les remettre en route même si cela s’effectue dans des conditions dégradées du fait des dégâts subis.
Or, le SMTU vient de prendre une décision contraire. En effet, la décision de la province Sud et des mairies du grand Nouméa de mettre fin aux contrats avec les prestataires GIE Karuïa (pour Nouméa) et Carsud (pour Dumbéa, Païta et Mont-Dore) constitue un désastre humain, économique et social.
C’est un désastre humain car ces transports en commun desservent près de 30 000 passagers par jour, qui pour la quasi-totalité d’entre eux ne disposent d’aucun autre moyen de locomotion.
C’est un désastre économique car les entreprises vont se retrouver avec de nombreux postes non pourvus faute pour les employés concernés de pouvoir se déplacer, ce qui va handicaper, de manière forte, la relance de leurs activités.
C’est un désastre social car de nombreux employés seront licenciés venant grossir les bataillons de calédoniens déjà inscrits au chômage partiel ou total (24.000, soit 1 salarié du privé sur 3 dans notre pays).
C’est un désastre d’autant plus regrettable que, pour faire face à la crise, le GIE Karuïa avait proposé de reprendre son service sans contribution financière du SMTU, initiative soutenue par le Medef-NC.
Face à ce désastre humain, économique et social, nous ne voyons pas le « Motif d’intérêt général » invoqué par le SMTU pour justifier la dénonciation de la délégation de service public. Certes, « l’importance des exactions sur le réseau et les graves difficultés financières engendrées », sont incontestables.
Mais le seul véritable motif d’intérêt général qui devrait motiver le SMTU, c’est la continuité du service public, à fortiori après 2 mois et demi d’interruption, et au moment où il faut soutenir, par tous les moyens, le redémarrage de l’activité économique. D’autant plus que la sécurité est aujourd’hui rétablie dans la majeure partie de l’agglomération, et que les routes, si elles sont détériorées à certains endroits, demeurent largement praticables sur 90% du réseau. Un service en mode dégradé aurait parfaitement pu être organisé.
Grâce à cette décision invraisemblable, la Nouvelle-Calédonie va continuer à s’enfoncer dans son ornière économique et sociale.
02 août 2024 – SUPPRESSION DES TRANSPORTS PUBLICS DANS L’AGGLOMERATION : OU COMMENT LES DECIDEURS PUBLICS AGGRAVENT LA CRISE ECONOMIQUE ET SOCIALE
Partager:
Suggestions d'articles
La ruralité au féminin : En avant toutes !
MAIS C’EST QUI QUI BLOQUE ?
Journée mondiale des océans
La simplification administrative en faveur des entreprises doit être un objectif prioritaire
« Des engagements ont été pris »
Rencontre avec les habitants de la tribu de Table Unio à Moindou
*Vos informations resteront confidentielles