Fote est parti.
Et avec lui un plan du temps d’avant, celui des anciens, où un tract en « langue » pouvait vous conduire en prison. On était bien loin de l’Accord de Nouméa et du principe selon lequel « les langues kanak sont des langues d’enseignement et de culture à l’instar du français »…
Fote était un homme très intelligent, à l’esprit vif, joueur, mais d’une grande humilité. On se voyait régulièrement au début des années 80 lorsque je travaillais comme jeune chef d’administration au service d’études, de législation et du contentieux. Il venait souvent saluer Luce Lorenzin et Marie-Noelle Thémereau qui le dirigeaient ainsi que Marie-Claude Tjibaou qui en assurait le secrétariat. La venue de Fote était toujours un moment d’échanges joyeux. Il blaguait aussi avec un jeune homme prometteur, qui faisait ses premières armes au sein du service, du nom de Neko Hnepehune…
J’ai toujours pensé que Fote aurait beaucoup apporté en politique. La vie en a décidé autrement puisqu’il a été le premier magistrat kanak. Il faisait partie de cette jeune génération kanak qui défrichait le chemin avec Jacques Iékawé, Joseph Cahie, Walles Kotra et bien d’autres encore…
A l’occasion de sa nomination, en 1983, il y a 40 ans maintenant, il déclarait : « Je suis le premier mélanésien à être dans le service public de la Justice. Mais c’est un hasard. Il y en aura d’autres certainement… ». Ça n’a pas été le cas. On aurait bien aimé voir beaucoup d’autres Fote Trolue…
A son épouse Rolande, à ses filles, Oriane et Océane, à ses petits enfants,
A sa famille, à ses amis, à son clan, à sa tribu et à son Ile,
Nous présentons nos sincères condoléances.




