Au terme de cette séquence parisienne marquée par des rencontres au plus haut niveau (le Président de la République, le Premier ministre, le Ministre des affaires étrangères, le chef d’Etat major des armées), le Ministre des outre-mer a délivré une communication à la sortie du conseil des ministres.
Cette déclaration marque le véritable retour de l’Etat dans le dossier calédonien, retour que nous appelions de nos vœux de longue date.
C’est un Etat acteur, et non plus spectateur ou greffier du processus.
C’est un État qui trace une perspective pour l’après accord de Nouméa.
Nous partageons les principaux termes de cette déclaration :
- Le 12 décembre 2021 a été retenu comme date pour l’organisation du 3e référendum binaire prévu par l’accord de Nouméa. Nous avons souhaité que cette consultation d’autodétermination se tienne le plus rapidement possible, dès lors que la question se limiterait à un OUI ou NON à l’indépendance. Nous sommes donc satisfaits de la date retenue.
- Contrairement aux deux premiers, ce troisième référendum sera “éclairé”. Depuis 2013, Calédonie Ensemble avait demandé qu’au “référendum aveugle” prévu par l’accord de Nouméa soit substitué un référendum permettant “d’éclairer le jour d’après” afin de construire “une alternative partagée de sortie de l’accord”. En ce sens, nous ne pouvons que nous féliciter du document préparé par l’Etat pour analyser les conséquences du OUI et du NON, sur lequel l’ensemble des formations politiques calédoniennes ont apporté leurs contributions.
- Que le OUI ou que le NON l’emporte lors de ce dernier référendum binaire, la voie est ouverte – d’ici le 30 juin 2023 – pour un ultime référendum de projet destiné à rassembler tous les calédoniens :
- Un projet d’une Nouvelle-Calédonie qui poursuit son émancipation au sein de la République si c’est le NON qui sort vainqueur;
- Un projet d’Etat souverain si c’est le OUI qui l’emporte qui devra conserver des liens très forts avec la France dans tous les domaines (régaliens, financiers, nationalité …)
Nous partageons cette philosophie qui consiste selon le Ministre “à se projeter au-delà du OUI et du NON pour parvenir à une vision commune de la Nouvelle-Calédonie »; ou autrement dit “à conjuguer le OUI et le NON” sur un projet d’avenir partagé entre tous les calédoniens selon nous.
- Enfin la partition du pays est explicitement exclue. Calédonie ensemble a toujours défendu, il y a peu encore par la voix de Gérard Poadja au Sénat, une, Nouvelle-Calédonie une et indivisible.
Cette déclaration unilatérale de l’Etat n’est pas un accord. Elle exprime une position : celle du troisième partenaire de l’accord.
Nous la soutenons.
Philippe Dunoyer, Député
Philippe Gomes, Député






