Les Républicains ont clairement exprimé leur vision du futur de la Nouvelle-Calédonie. Ainsi, Xavier Bertrand, un temps candidat favori à la primaire, avait déclaré « il convient de permettre la différenciation provinciale », c’est-à-dire « des provinces à qui on laisserait le maximum d’autonomie décisionnelle, y compris sur des matières qui relèveraient actuellement du gouvernement local et, pour les provinces qui le souhaiteraient, certaines compétences exercées actuellement par l’Etat ». ( Lettre au Premier Ministre du 04 mai 2021 )
La candidate LR à la présidentielle, Valérie Pécresse, s’est engagée, si elle était élue présidente de la République, à organiser une “nouvelle répartition du pouvoir avec les provinces qui pourront chacune choisir des compétences à la carte” ( Conférence de presse avec Virginie Ruffenach au QG des Républicains – 16 février 2022 ). L’idée a été réaffirmée par la porte-parole de la candidate, Florence Portelli, en campagne actuellement en Nouvelle-Calédonie.
Derrière « ces compétences à la carte » ou cette « différenciation provinciale », c’est le projet de Pierre Frogier, qui est porté officiellement par les Républicains : suppression du gouvernement et du congrès au profit de 3 provinces compétentes en tout ( droit du travail, de l’économie, fiscalité, éducation, santé, enseignement, etc… ), chacune disposant de son propre corps électoral, et pouvant « partager l’exercice des compétences régaliennes avec l’Etat », si elles le décident. ( Discours Pierre Frogier au Sénat le 04 mai 2021 )
Cette créature institutionnelle tricéphale est censée rester dans la République… Mais, on a bien compris qu’elle est organisée pour que certaines provinces puissent s’en évader si l’envie leur en prenait un jour…
Or, la Constitution de la République exclut qu’«une partie de la Nouvelle-Calédonie puisse accéder seule à la pleine souveraineté ou conserver seule des liens différents avec la France ». En outre, les précédentes expériences de partitions internationales ( les bantoustans Sud-Africains ) ou Françaises ( Mayotte ), constituent des échecs retentissants.
Enfin et surtout peut-être, comment peut-on oublier les 30 dernières années durant lesquelles nous avons tressé la natte d’un vivre ensemble Calédonien malgré ses imperfections ? Durant lesquelles nous avons favorisé l’émergence du peuple calédonien qui prend ses racines dans des valeurs métissées à la fois universelles, républicaines, Kanak et océaniennes.
A Calédonie Ensemble, nous avons toujours affirmé que notre Pays est un et indivisible.
Nous sommes radicalement opposés à toute forme de partition, y compris lorsqu’elle est affublée du faux nez « des compétences à la carte ».
Après 30 années, qu’on puisse discuter d’une évolution de notre architecture institutionnelle interne entre les provinces, les communes et la Nouvelle-Calédonie, cela va de soi.
Mais supprimer la Nouvelle-Calédonie, en tant que collectivité, ou permettre aux provinces de solliciter de l’Etat la possibilité d’exercer certaines compétences régaliennes est hors de question.
Notre avenir – le seul possible – c’est de continuer à apprendre à conjuguer – au sein de la République – nos deux rêves pour une même terre.
Voter Pécresse, c’est s’engager dans une voie sans issue pour la Nouvelle-Calédonie comme pour la France.





