06 mai 2024 – Plaidoyer pour une mission du dialogue

Renoncer au dialogue, c’est renoncer au consensus, c’est renoncer à la paix
C’était hier, une date anniversaire, celle de la signature de l’accord de Nouméa le 05 mai 1998, qui a prolongé et constitutionnalisé le processus de décolonisation et d’émancipation de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République Française engagé par les accords de Matignon de 1988.
Ces dispositions étant arrivées à leur terme depuis l’organisation des trois consultations d’auto-détermination, des discussions ont été engagées, sous l’autorité du Gouvernement dans un premier temps, puis entre partenaires politiques calédoniens à partir du mois d’octobre 2023, pour construire l’après accord de Nouméa.
Ces échanges ont abouti à différents projets discutés avec les indépendantistes selon des formats différents (projet d’accord du Gouvernement, propositions de convergences pour un « Grand Accord » avec « Calédonie Ensemble », séquences de discussions au contenu inconnu avec d’autres mouvement non-indépendantistes).
À défaut d’avoir permis l’émergence d’un consensus sur la sortie de l’accord de Nouméa – des divergences fondamentales subsistant – ces échanges ont permis de cerner l’ensemble des sujets qui pourraient constituer le corps d’un futur accord politique global,
Toutefois plus aucun dialogue n’irrigue, depuis plusieurs mois maintenant, les relations entre les partenaires des accords, ni entre l’Etat et les formations politiques locales, ni entre les indépendantistes et les non indépendantistes même si des discussions occultes de fraîche date… semblent avoir été engagées par certains sans l’UNI ni Calédonie Ensemble…
⚠️ Laisser le dialogue en jachère dans un pays comme le nôtre est dangereux.
C’est pourquoi, fort de la méthode qui a permis de renouer les fils du dialogue en 1988 avant la signature des accords de Matignon entre Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, la constitution dune « mission du dialogue » constitue désormais une « ardente obligation ».
Cette initiative prendrait sa légitimité dans le rôle déterminant de l’État dont la vocation est d’être un acteur engagé et impartial depuis les accords de Matignon.
Engagé, parce qu’il a été de tout temps partenaire à part entière des accords. Impartial, parce que c’est « la condition d’une paix durable » dans notre pays, pour reprendre les termes des accords de Matignon.
🎯 Au titre de la formation politique non-indépendantiste « Calédonie Ensemble », nous avions proposé au Président de la République, le 1 2 avril dernier – pour sortir de la nasse qui se referme doucement – qu’une « mission du dialogue » soit créée, sous l’autorité des présidents des deux assemblées du Parlement,
📌 D’abord, parce que c’est le Parlement de la République, réuni en congrès à Versailles, qui aura la responsabilité de réformer la Constitution pour la Nouvelle-Calédonie. Ensuite, parce que les présidents des deux chambres sont également présidents des groupes de contacts internes à chaque assemblée, sur l’avenir institutionnel de la collectivité.
📌 Enfin, parce que la Loi constitutionnelle adoptée en première lecture par le Sénat, a confié aux présidents des deux chambres la responsabilité de constater un éventuel accord qui conduirait, dans cette hypothèse, la loi à ne « pas entrer en vigueur » ou à devenir « caduque »
La Mission d’information sur l’avenir institutionnel des Outre-mer de l’Assemblée nationale, dans son rapport d’étape du 29 avril sur la situation en Nouvelle-Calédonie, inscrit ses propositions dans cette perspective.
🎯 Elle préconise la création d’une « mission impartiale destinée à faciliter les négociations entre les parties en présence dans le but d’aboutir à un accord global » et a demandé que « l’Assemblée nationale et le Sénat y soient associés ».
À défaut d’une initiative politique de cette nature, la Nouvelle-Calédonie risque de s’orienter progressivement vers un chaos politique, économique et social, Nous en percevons déjà aujourd’hui les prémices.
⚠️ Dans notre pays, renoncer au dialogue, c’est renoncer au consensus, c’est renoncer à la paix.
🎯 « La recherche du consensus, poursuivie depuis 25 ans par les gouvernements successifs dans leurs discussions avec les partenaires politiques de l’accord, constitue une donnée fondamentale de l’élaboration de l’organisation politique qui prendra la suite de celle issue de l’accord de Nouméa » comme l’a justement rappelé le Conseil d’Etat dans son avis du 7 décembre 2023.
⚠️ Il nous reste quelques mois encore pour inscrire nos pas dans les traces de nos glorieux anciens, avec respect et humilité.
🎯 La solution pour un avenir apaisé existe dès lors qu’elle s’inscrit dans le prolongement de l’esprit et de la lettre des accords de Matignon et de Nouméa, qui doivent constituer le plancher du « Grand accord », le résultat des consultations d’autodétermination, expression de la souveraineté du peuple calédonien, devant en être le plafond. C’est ainsi que chaque calédonien pourra se sentir respecter dans ses convictions

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