Renoncer au dialogue, c’est renoncer au consensus, c’est renoncer à la paix
C’était hier, une date anniversaire, celle de la signature de l’accord de Nouméa le 05 mai 1998, qui a prolongé et constitutionnalisé le processus de décolonisation et d’émancipation de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République Française engagé par les accords de Matignon de 1988.
Ces dispositions étant arrivées à leur terme depuis l’organisation des trois consultations d’auto-détermination, des discussions ont été engagées, sous l’autorité du Gouvernement dans un premier temps, puis entre partenaires politiques calédoniens à partir du mois d’octobre 2023, pour construire l’après accord de Nouméa.
Ces échanges ont abouti à différents projets discutés avec les indépendantistes selon des formats différents (projet d’accord du Gouvernement, propositions de convergences pour un « Grand Accord » avec « Calédonie Ensemble », séquences de discussions au contenu inconnu avec d’autres mouvement non-indépendantistes).
À défaut d’avoir permis l’émergence d’un consensus sur la sortie de l’accord de Nouméa – des divergences fondamentales subsistant – ces échanges ont permis de cerner l’ensemble des sujets qui pourraient constituer le corps d’un futur accord politique global,
Toutefois plus aucun dialogue n’irrigue, depuis plusieurs mois maintenant, les relations entre les partenaires des accords, ni entre l’Etat et les formations politiques locales, ni entre les indépendantistes et les non indépendantistes même si des discussions occultes de fraîche date… semblent avoir été engagées par certains sans l’UNI ni Calédonie Ensemble…
C’est pourquoi, fort de la méthode qui a permis de renouer les fils du dialogue en 1988 avant la signature des accords de Matignon entre Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, la constitution dune « mission du dialogue » constitue désormais une « ardente obligation ».
Cette initiative prendrait sa légitimité dans le rôle déterminant de l’État dont la vocation est d’être un acteur engagé et impartial depuis les accords de Matignon.
Engagé, parce qu’il a été de tout temps partenaire à part entière des accords. Impartial, parce que c’est « la condition d’une paix durable » dans notre pays, pour reprendre les termes des accords de Matignon.
La Mission d’information sur l’avenir institutionnel des Outre-mer de l’Assemblée nationale, dans son rapport d’étape du 29 avril sur la situation en Nouvelle-Calédonie, inscrit ses propositions dans cette perspective.
À défaut d’une initiative politique de cette nature, la Nouvelle-Calédonie risque de s’orienter progressivement vers un chaos politique, économique et social, Nous en percevons déjà aujourd’hui les prémices.





