« ERAMET n’inscrit pas la SLN dans un cadre de continuité d’exploitation »(Rapport sur les comptes consolidés du 21 février 2024)
Dans son communiqué de presse du 21 février 2024, ERAMET se félicitait de « la confirmation des solides fondamentaux du groupe ». Sa Présidente Directrice Générale, Christel Bories, saluait la capacité du groupe « à poursuivre ses projets de développement malgré la conjoncture ». A l’occasion de ce conseil, les comptes de l’exercice 2023 ont été arrêtés. Ils seront soumis à l’assemblée générale du groupe le 30 mai 2024.
En ce qui concerne la SLN, le communiqué précise qu’ERAMET « réitère sa décision de ne plus octroyer de nouveaux financements à la SLN afin de préserver le bilan du groupe et sa capacité à financer ses projets stratégiques pour la transition énergétique ».
Mais la note 2.1 sur les comptes d’ERAMET intitulée « difficultés opérationnelles et financières de la SLN en Nouvelle-Calédonie et continuité d’exploitation », est beaucoup plus explicite…
Ainsi, on apprend que les « garanties environnementales accordées par ERAMET afin de permettre l’exploitation de la mine et de l’usine, viennent à expiration à la date de la fin de la procédure de conciliation, soit, le 10 avril 2024 ». Il n’est nullement prévu de les renouveler. On comprend mieux pourquoi il aura fallu une mise en demeure de la province Nord pour qu’elles soient reconduites en catastrophe… Et pourquoi leur reconduction n’était-elle pas envisagée ?
Parce-que, comme l’affirme le rapport sur les comptes d’ERAMET, « ces éléments [de la situation financière de l’entreprise] ne permettent pas (…), d’inscrire la SLN dans un cadre de continuité d’exploitation » et « par conséquent, une provision pour dépréciation sur les actifs de SLN à été enregistrée à hauteur de 26 milliards FCFP ».
Les comptes consolidés de l’entreprise ont été approuvés par les administrateurs de l’Etat, au titre de l’Agence des Participations de l’Etat, qui siègent au conseil d’administration du groupe…
Et pendant ce temps-là, en Nouvelle-Calédonie – dans un monde parallèle – le Gouvernement du pays et l’Etat (oui, oui…) veulent que le Congrès approuve le « Pacte Nickel » qui prévoit « des engagements forts des industriels » (…) qui contribueront au redressement des usines et à la diversification de l’offre productive » notamment par « des investissements suffisants pour maintenir les appareils productifs à moyen terme et/ou en investissant dans la modernisation des usines »…





