octobre 16, 2015

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Nickel : Mon message aux générations futures

Congrès – Session extraordinaire du 14/10/2015 « débat relatif à la stratégie de la Nouvelle-Calédonie en matière d’exportation de minerai ». Explication de Nicolas Metzdorf Monsieur le Président, Mes chers collègues, Mesdames, Messieurs, Comme vous le savez, Calédonie Ensemble s’est positionné contre de nouvelles exportations de minerai brut vers la Chine et le Japon pour deux raisons : d’abord parce qu’elles ne correspondent pas au cadre fixé par le schéma minier ensuite parce qu’elles sont contraires aux principes de gestion durable et de valorisation optimale de notre ressource. Je ne reviendrai pas sur la bonne santé du secteur de l’exportation de minerai brut Calédonien qui a déjà été rappelé par Philippe Michel. On observe, il est vrai, une baisse des exportations de latérite vers l’Australie sur les derniers mois. Cependant cette réduction d’activité est totalement imputable aux petits mineurs qui ont volontairement refusé de signer de nouveaux contrats avec l’Australie en espérant que le gouvernement cède sur l’ouverture des exportations vers la Chine. Dans le même temps, le patron de QNI a sollicité le Président du gouvernement afin que la Nouvelle-Calédonie puisse exporter 5 millions de tonnes supplémentaires vers l’Australie, ce qui confirme qu’il n’existe pas de déficit de marché chez notre partenaire historique. Enfin, l’ensemble des centres miniers, comme le démontre la note de la DIMENC, conserve une activité normale. Seuls deux centres rencontrent des difficultés : Ngo et Monéo des sociétés MKM et Ballande. Néanmoins ces difficultés ne sont pas liées aux débouchés de la production mais à la qualité spécifique des minerais latéritiques produits. Sur ces sites, et afin de sauvegarder les emplois menacés, nous avons la possibilité d’utiliser les ressources du fonds Nickel – 2 milliards de disponibles – dont c’est l’une des missions. Notre position sur les demandes d’exportations ne résulte pas seulement du constat de l’augmentation incontrôlée des exportations de minerai brut. Elle repose aussi sur un constat plus global, celui de la gestion calamiteuse que nous avons de la ressource Nickel, qui est loin et même très loin d’être valorisée de la meilleure des manières. Tout d’abord nous constatons une quantité astronomique de nickel contenu exporté sans avoir été transformé dans nos usines. Le rapport de la DIMENC indique ainsi qu’entre 1996 et 2014 nous avons exporté 850 000 tonnes de nickel contenu hors usine calédonienne, soit 47 000 tonnes par an, ce qui correspond à 80% de la production des fours de la SLN. Concernant les nouvelles demandes d’exportations, l’équivalence nickel contenue est égale à 33 000 tonnes ! Ce qui, ajouté à la production déjà exportée, reviendrait à une exportation globale annuelle de 80 000 tonnes de nickel contenu ! Ce que n’a jamais produit une usine Calédonienne. Pourtant le rapport d’Anne Duthilleul – que nous connaissons tous – indique qu’un minerai transformé dans une usine est trois fois plus rentable qu’une simple exportation de minerai brut. Et le comble dans tout ça monsieur le Président c’est que la croissance des exportations de saprolites vers le Japon est exponentielle! Ces dernières ont explosées entre 2009 et 2014 : + 160%. On parle là, monsieur le président, d’un minerai assez riche pour être valorisé dans notre usine de Corée, je dis bien notre usine, car la province Nord, je sais que vous en avez conscience, c’est aussi la Nouvelle-Calédonie. J’ajoute monsieur le Président, c’est que la SLN, la vieille dame comme on aime à la surnommer, participe à ce gaspillage en ayant augmenté de 45% ses exportations de saprolites vers le Japon sur les 10 dernières années. Et qu’on ne vienne pas nous expliquer que c’est pour pallier à un manque de rentabilité quand on sait que la société le Nickel a distribué 100 milliards de dividendes entre 2012 et 2013. Or si une partie de ces bénéfices avaient été investis dans la productivité de l’outil, et notamment dans la nouvelle centrale C, la SLN aurait diminué son cout de production d’un dollar par livre ce qui lui aurait permis d’augmenter sa rentabilité de 12 milliards par an. Dans ce cas, en 2015, les pertes de la société auraient été divisées par deux : 12 milliards au lieu des 25 prévus… Quelle erreur d’avoir reporté, depuis 2007, la décision de construction de cette nouvelle centrale électrique, essentielle pour la compétitivité de la société, alors que les salariés et les sous-traitants ont été largement sollicités pour contribuer à l’amélioration du prix de revient… Quelle erreur d’avoir distribué 100 milliards de dividendes qui nous auraient permis aujourd’hui de traverser plus sereinement cette période de crise… Enfin, le dernier élément qui démontre notre carence de gestion de la ressource est l’augmentation considérable des extractions de minerais. Nous sommes passés de 6,5 millions de tonnes extraites en 2005 à plus de 13 millions en 2014, nous avons tout simplement doublé nos extractions en moins de 10 ans. Et ce que l’on nous propose aujourd’hui c’est d’augmenter encore de plus de 3 millions de tonnes ces extractions ? Alors que nous n’avons ni redevance d’extraction, ni fond pour les générations futures ? Vous comprendrez mes chers collègues que ce point m’inquiète au premier chef. Qu’allez-vous nous laisser ? Qu’allez-vous laisser à vos enfants si ce n’est des montagnes exsangues et des dividendes envolés ? C’est absolument contraire à toute logique de développement durable qui voudrait que l’on ait une gestion raisonnée de la ressource. En résumé, monsieur le Président, mes chers collègues, ces nouvelles demandes d’exportations n’entrent non seulement pas dans le cadre du schéma minier, mais elles participent en plus à la dilapidation du patrimoine économique Calédonien et cela au détriment des générations futures. Enfin mes chers collègues, je conclurai sur une note plus personnelle concernant le fond et la forme du conflit que nous avons vécu. Comment peut-on, dans un pays qui a pour devise « Terre de parole, terre de partage », utiliser des méthodes de manifestations d’un autre temps ? Comment pouvons-nous dans la Calédonie du XXIème siècle accepter les blocages, les insultes et les menaces ? Ce temps-là est pour nous

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Exporter du minerai brut aujourd’hui c’est une faute politique

Session extraordinaire du 14/10/2015 « débat relatif à la stratégie de la Nouvelle-Calédonie en matière d’exportation de minerai ». Explication de Philippe Michel Monsieur le Président, Mes chers collègues, Mesdames, Messieurs, Le débat qui nous anime aujourd’hui nous est imposé par le lobby des mineurs et ses relais politico-médiatiques. Il est focalisé sur le sujet des exportations de minerai brut qui constituent pourtant, dans le contexte actuel, la seule activité minière continuant à générer des bénéfices. C’est donc un débat totalement décalé. Un débat qui fait notamment l’impasse sur la question de notre activité métallurgique qui générera globalement 80 milliards CFP de pertes cette année, comme d’ailleurs 70% des unités de production métallurgiques de la planète. Mais puisque la question des exportations continue d’agiter la classe politico-médiatique, nous allons donc, conformément à l’ordre du jour de cette session que nous appelons de nos vœux depuis plusieurs semaines, répondre aux questions qui nous sont posées. La première de ces questions concerne la compatibilité des demandes d’exportations en instance aux principes posés par le schéma minier, dont je rappelle qu’il n’est ni un document d’orientation, ni une variable d’ajustement politique. Ce document, adopté par le Congrès à l’unanimité, est l’un des deux schémas prévus par la loi organique. Et le Gouvernement est tenu de prendre des décisions individuelles conformes aux principes qu’il édicte. 1 – Sur la compatibilités des demandes d’exportations en instance avec les orientations du schéma minier : En l’occurrence, le schéma de mise en valeur des richesses minières, qui pose les principes d’une gestion durable et d’une valorisation optimale de nos ressources, dispose : « l’exportation de produits métallurgiques ne sera pas réglementée », tandis que « la cession de minerai brut sera désormais autorisée (…) selon un choix en opportunité sur les produits, teneurs et destinations ». Ce distinguo permet d’évacuer d’entrée le principe de liberté du commerce mis en avant pour justifier l’ouverture des exportations. Le Congrès a tranché la question : l’exportation de produits transformés à forte valeur ajoutée est libre, parce qu’elle génère de la richesse pour le pays. Celle du minerai brut est soumise à autorisation, parce que la ressource n’appartient pas aux mineurs, mais à tous les calédoniens ! Le schéma minier prévoit également que « les exportations de minerai à destination des clients traditionnels seront maintenues à un niveau sensiblement équivalent ». La question est donc : les demandes d’exportations en instance vers la Chine et le Japon sont-elles compatibles avec ces indications ? Pour nous, la réponse est clairement non ! La Chine, comme l’Ukraine ou les Etats Unis, a déjà bénéficié d’exportations ponctuelles entre 2006 et 2008, puis en 2011. Mais elle ne peut être considérée comme un « client traditionnel » au regard des relations commerciales régulières que nous entretenons avec le Japon depuis 60 ans, ou l’Australie depuis 28 ans. Les quantités de minerai exporté vers la Chine sont d’ailleurs restées marginales en comparaison des volumes expédiés sur le Japon et l’Australie à la même époque (6 à 7 %). Le Japon lui est incontestablement un de nos clients traditionnels. Mais l’octroi des volumes supplémentaires demandés aboutirait à une augmentation de 50% des quantités autorisées, alors même que les exportations de minerai bruts sur cette destination ont déjà été multipliées par trois depuis l’adoption du schéma minier (600.000 à 1,7 million de tonnes)! Globalement, les quantités concernées par les demandes d’exportations en instance sont totalement hors de proportion avec la notion de « maintien à un niveau sensiblement équivalent » préconisée par le schéma. Elles représentent 3,3 millions de tonnes supplémentaires par an (1,9 million sur la Chine et 1,4 million sur le Japon), soit un quasi-doublement de nos exportations 2014 hors Corée, qui s’élèvent à 3,5 millions de tonnes. Compte tenu de ces éléments, nous considérons donc que les dispositions du schéma minier interdisent par principe l’ouverture vers la Chine et l’augmentation des exportations de minerai brut vers le Japon. Nous considérons également que ces principes n’autorisent aucune exception. 2- Sur l’opportunité d’augmenter nos exportations de minerai dans le contexte économique actuel : Cette position d’opposition au renforcement des exportations est confortée par trois constats. Premier constat : il n’y a aucun problème d’écoulement qui justifie l’ouverture de nouvelles exportations. A l’exception d’une seule société (MKM) les « petits mineurs » calédoniens n’ont jamais autant exporté. A l’exception d’une seule société, ils gagnent beaucoup d’argent, puisqu’ils ont déclaré 5,2 milliards de bénéfice net sur les 3 derniers exercices. A l’exception d’une seule société, ils ont tous la possibilité de continuer à exporter dans des conditions économiques avantageuses, grâce aux offres d’achat de QNI et de Posco. A l’exception d’une seule société, la valeur de leurs exportations au premier semestre 2015 est supérieure à celle du premier semestre 2014, grâce à la renégociation de leurs prix sur le Japon… Deuxième constat : les demandes en instance ne concernent pas des minerais sub-économiques impossibles à valoriser auprès de nos clients traditionnels, comme on a pu l’entendre ici ou là. Les demandes sur le Japon concernent des garniérites de 1,8 à 2,1% qui peuvent être exportées au même prix vers la Corée, comme l’ont acté le comité des signataires et le GTPS. Les demandes sur la chine, elles, concernent pour l’essentiel les latérites exportées jusqu’à présent sur l’Australie. J’ajoute que les minerais non valorisables aujourd’hui le seront demain. L’évolution des teneurs utilisées dans nos propres usines, comme chez nos voisins, en témoigne. Le troisième constat qui nous commande de ne pas augmenter nos exportations, c’est bien sûr la situation du marché. Tous les spécialistes affirment que la crise des cours du nickel est due au décalage entre l’offre et la demande, autrement dit à l’écart entre les stocks LME et les prévisions de consommation. Et nous, nous allons aider les fondeurs de « pig iron » à prolonger leurs stocks de minerai dans les ports chinois, sous prétexte qu’il s’agirait de quantités réduites sur une période limitée ?!? Nous qui venons d’obtenir une révision de nos prix de vente

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