
Remarquable intervention sur RNC 1ère de Philippe Michel sur les deux réformes examinées ce jour par le Congrès ( TGC et compétitivité )
( 31 août 2016 ) Journaliste : Philippe Michel, bonjour ! Philippe Michel : Bonjour ! Journaliste : Les Républicains ont répondu : ce sera non pour la loi sur la compétitivité. Vous craignez que ce volet de la réforme capote, Philippe Michel ? Philippe Michel : Le problème surtout, c’est que ces deux lois sont liées l’une à l’autre. La première a pour objet d’instaurer une nouvelle fiscalité qui permet de supprimer les taxes à l’entrée et, normalement, d’induire une baisse des prix pour le consommateur, et la deuxième, elle a pour objectif de garantir que les taxes qui seront supprimées ne seront pas transformées et incluses dans les marges des opérateurs économiques, ce qui annulerait tous les effets de la suppression des taxes douanières. Journaliste : Ça veut dire qu’il n’y aura pas de TGC sans loi compétitivité ? Philippe Michel : Ça veut dire que, pour nous en tout cas, il faut que les deux textes soient votés ensemble, parce que sinon, on prend le risque qu’effectivement on supprime des taxes douanières à l’entrée, mais que le consommateur, lui, ne s’y retrouve pas, parce que ces taxes supprimées seront incorporées en augmentation de marge des opérateurs économiques. Journaliste : Demain, il n’y aura pas de majorité. Il y aura peut-être des alliances. Ça veut dire quoi ? L’UC FLNKS a les cartes en main ? Philippe Michel : Oui, on peut dire ça, en substance, c’est-à-dire que sur les quatre groupes du Congrès, il y en a trois qui se sont positionnés assez clairement, les Républicains, par la voix de son président, hier, donc, défavorable à la compétitivité. Le groupe Calédonie Ensemble et le groupe UNI Palika qui, eux, soutiennent les deux textes, et on ne sait pas quel est la position du groupe UC FLNKS. On verra ça, demain, en séance. Journaliste : Il y a des tractations qui sont en cours ? Philippe Michel : Naturellement, il y a quelques discussions entre les uns et les autres. Je mentirais, si je disais le contraire, mais à cette heure, je ne connais pas la position de l’UC. Journaliste : Pourquoi ne pas laisser le Congrès débattre et décider des moyens de contrôler les prix ? Philippe Michel : Mais c’est tout l’objet du débat de demain, en l’occurrence, la séance sera longue, demain, et on discutera très longuement de ce sujet. Je veux souligner que tous les experts nous disent : la Nouvelle-Calédonie est le territoire de la République où les prix sont les plus chers. Tous les experts nous disent, ce n’est ni l’éloignement, ni l’étroitesse du marché qui expliquent cette situation particulière en Nouvelle-Calédonie, c’est le niveau des marges des opérateurs économiques. Et tous les experts nous disent que si on veut que la réforme fiscale, la TGC, ait un impact sur les prix, dans le bon sens, parce que tout le monde craint une hausse des prix suite à une modification de la fiscalité, il faut prendre des dispositions particulières pour s’assurer que les taxes douanières qui seront supprimées ne seront pas incorporées dans les marges des opérateurs économiques. Et nous avons quelques raisons de penser qu’effectivement ce risque existe. Il y a quelques années de ça, nous avons supprimé, par exemple, 450 millions CFP de taxes sur l’importation de poulets. Nous l’avons fait, à l’époque, parce que le poulet est la protéine la plus consommée en Nouvelle-Calédonie, 12 mille tonnes par an, et qu’il fallait faire un geste en faveur des consommateurs les plus défavorisés, mais le problème, c’est que les consommateurs, ils ont jamais vu la couleur des 450 millions de taxes supprimées, au contraire, ils ont subi une légère augmentation du prix du poulet congelé. Ça signifie que les 450 millions dont le territoire s’est privé, sont allés directement dans la poche des opérateurs. Journaliste : Quand les Républicains et le MEDEF disent qu’il y a un problème avec l’article 19 et 9, quand l’USTKE dit qu’il y a un problème cette loi compétitivité, est-ce que vous l’entendez, Philippe Michel ? Philippe Michel : Bien sûr, je l’entends, mais j’entends aussi tous ceux qui réclament que cette loi compétitivité soit mise en place, instruits des abus du passé, attachés à l’engagement que nous avons tous pris de tout faire pour baisser le prix de la vie. J’observe qu’effectivement, il y a d’un côté, les Républicains et le MEDEF, et de l’autre côté, qui soutiennent le texte, il y a non seulement l’intersyndicale, mais également la CGPME, la FINC, la Chambre des métiers, la Chambre des artisans, etc. Journaliste : ça veut dire que le pays est coupé en deux, avec les pour et les contres ? Quelle est l’issue ? Philippe Michel : J’ai pas de boule de cristal, l’issue, elle sera demain, au Congrès. Journaliste : Est-ce qu’il n’y a pas un peu d’entêtement de la part de Calédonie Ensemble et du gouvernement, aujourd’hui ? Philippe Michel : Le problème est très simple : avec la réforme, de la TGC, on va déplacer 51 milliards CFP de taxes sur la consommation. Si on ne prend pas les garanties que ces 51 milliards seront, tout ou part, restitués aux consommateurs, on assume pas nos responsabilités. Et je vous rappelle que ça fait deux ans qu’on discute de ce sujet, que la loi compétitivité est un engagement formel signé par tout le monde et réitéré en décembre, l’année dernière par tous les acteurs. Simplement j’observe que certains se dérobent maintenant qu’on est au pied du mur. Et il y a toute une partie de la population calédonienne qui n’en peut plus de la vie chère. Je rappelle les manifestations massives, comme on n’en a jamais vu en Nouvelle-Calédonie, qui ont eu lieu. Je rappelle qu’il y a un appel à la grève générale à partir de demain. Et je me souviens parfaitement comment ça s’est fini, la dernière fois qu’on n’a pas été capables d’assumer nos responsabilités, c’était en 2013, ça s’est fini par une grève générale qui mis le